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Sexe et Internet

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Sexe et Internet
Les dangers de la sexualité On-line

Internet a connu une expansion rapide au sein des foyers. Les plus jeunes sont amenés à l’utiliser dans le but d’acquérir une information – notamment scolaire ou encore en matière de sexualité. Dans certains cas, heureusement peu fréquents, il apparaît que ce nouvel outil n’est pas sans risque pour la sexualité des adolescents. Les plus fragiles en particulier sont les plus concernés.

Les jeunes utilisent de plus en plus le web pour trouver des réponses à leurs questions sur la sexualité. Quels sont les risques éventuels d’une telle source d’information ? Le net influence-t-il le développement sexuel des jeunes et leurs pratiques ? Toutes ces questions interpellent les psychothérapeutes.

De nombreux articles ont déjà été publiés sur ce sujet ; il en ressort qu’internet est utilisé par 75 % des jeunes pour chercher des informations sur la santé en général, et par 44 % d’entre eux pour rechercher des informations plus spécifiquement sur la santé et la sexualité.

Les ados s’informent sur internet, plus qu’auprès de leur médecin ou de leurs parents

Les raisons qui font d’internet un outil si prisé sont avant tout la confidentialité et l’accessibilité qu’il permet. On imagine aisément les dangers d’une telle utilisation quand on connaît la fiabilité très relative des informations trouvées, leur surabondance et leurs contradictions éventuelles. À cela s’ajoute l’interprétation parfois erronée, toujours personnelle, des informations qui sont fournies, en l’absence d’explications de la part d’un adulte « fi able ». Seuls 14 % de ces jeunes vont voir un médecin pour obtenir un avis d’expert sur les données qu’ils trouvent en matière de santé. Pourtant, lorsqu’on interroge les jeunes de 15-24 ans sur les sources qu’ils jugent dignes de confiance, internet arrive en dernier lieu (17 %), puis suivent les amis (18 %), tandis que leur médecin arrivent loin en tête avec 85 %. Bien que le médecin soit considéré comme le référent de confiance, certains sujets ne sont pas abordés avec eux, mais bien recherchés sur le net. Avec leur médecin, les jeunes parlent principalement de nutrition (49 %), de problèmes de poids (43 %) ou encore de sport (41 %). En revanche, lorsqu’on les questionne sur leurs principaux sujets d’intérêt on s’aperçoit que la drogue (65 %), les MST (61 %) et la cigarette (59 %) tiennent les premières places. On se rend compte dès lors que les sujets les plus recherchés sur internet par les adolescents correspondent justement à ces lacunes. Internet prendrait-il la place d’un parent ou d’un adulte de référence ?

Les risques de l’utilisation d’internet

Il apparaît que les risques au niveau de la sexualité (sexualité compulsive, perversion, hypersexualité) mais aussi au niveau de la santé (manque de prévention des MST) semblent être présents et imputables en partie à un certain usage d’internet. La dépression chez les adolescents semble aussi parfois corrélée à une sollicitation traumatique d’ordre sexuel sur le net.
• Sex-addict et voyeurisme
Les adolescents confrontés à des images à caractère pornographique peuvent développer une fixation à l’imagerie pornographique elle-même, pouvant aller jusqu’à une grave dépendance. Dans certains cas, une majeure partie du temps et de l’énergie du jeune est consacrée à ces activités et il fi nit par se désintéresser de sa vie scolaire, sociale et familiale. Cette addiction se développe surtout à partir de 16-17 ans. Les adolescents qui développent ce type de problématique sont parfois ceux qui ont des problèmes d’ordre affectif au préalable (angoisse, dépression, manque de confiance en soi, etc.).

• Hyperérotisation
La confrontation à du matériel pornographique de manière précoce peut entraîner une hyperérotisation avec une sexualité abondante où le plaisir est privilégié par rapport à la relation.

• Perversion et dépendance
Le grand danger reste la pédophilie. Les jeunes les plus vulnérables sur le plan émotionnel ou en décrochage scolaire et social représentent une proie aisée pour les pédophiles via le net.

• Risques médicaux (MST, VIH)
La sexualité via internet, étant souvent virtuelle, elle peut donner l’impression d’être plus « sûre » que la sexualité classique. La question se pose alors lorsque ces jeunes rencontrent dans la réalité les partenaires avec lesquels une relation a été entamée sur le net ! Les jeunes recherchant leurs partenaires par ce biais déclarent avoir rencontré, au cours des 12 derniers mois, plus de partenaires sur le net qu’ailleurs. Ce moyen de rencontre est très attractif pour ceux qui préfèrent exercer leur sexualité dans l’ombre, évitant les obstacles sociaux de la rencontre. On remarque en effet que les partenaires rencontrés par internet sont plus souvent du même sexe que ceux rencontrés dans la vie. Le web serait un moyen d’explorer des pratiques diverses qui peuvent se révéler plus risquées (en termes de MST en particulier) et nécessitent, comme pour toute relation sexuelle d’ailleurs, une protection efficace.

• Pornographie et précocité sexuelle
Le contact avec du matériel pornographique à un âge précoce modifie-t-il l’âge des premiers rapports sexuels ? Les avis sont très divergents à ce sujet et quant au lien de causalité entre les deux.

• Dépression
Environ 12 % des garçons et 27 % des filles auraient été victimes d’une sollicitation sexuelle sur internet non souhaitée au cours de la dernière année.

Ces sollicitations sont définies comme « parler de sexe alors qu’on ne le voulait pas », « devoir divulguer des informations personnelles sur le plan sexuel » ou « faire quelque chose de sexuel ». Or, les études montrent que ces jeunes sont plus à risque de troubles dépressifs que les autres.

• Traumatismebr /> Les images à caractère érotique ou pornographique diffusées sur le net sont parfois choquantes par leur caractère cru ou la violence qu’elles évoquent, même pour des adultes. Pour les adolescents, qui n’ont pas encore nécessairement une définition personnelle d’une sexualité « normale », ces images sont a fortiori encore plus déstabilisantes, parfois traumatiques.

Pour un meilleur usage d’internet

Cependant, la prudence reste de mise quant à l’interprétation de ces résultats. Force est de constater que pour la majorité des jeunes, le recours à des images pornographiques reste tout à fait occasionnel et n’engendre aucun traumatisme.

Cela peut également leur permettre de satisfaire leur curiosité, leurs envies de défi et leurs besoins de satisfactions érotiques. Mais cela ne doit pas empêcher de rester vigilant. Les enfants et les adolescents ont une curiosité naturelle pour ce genre d’informations. Il n’y a donc pas de raison de s’inquiéter quand on découvre un adolescent en train de regarder un site porno ou un magazine érotique. Mieux vaut essayer de profiter de cette occasion pour entamer un dialogue éducatif par rapport à la sexualité et aux valeurs de respect et de plaisir qu’elle doit véhiculer.

Internet est par son accessibilité, sa confidentialité et la quantité d’informations qu’il propose un outil de communication et d’enseignement extraordinaire. Il est donc important de ne pas le diaboliser. Les risques semblent souvent corrélés à une fragilité préexistante chez le jeune et sont renforcés par une absence de dialogue autour de la sexualité.

Il est indispensable de mettre en place des moyens efficaces de protection des jeunes pour éviter les « dérapages » sans pour autant les priver des potentialités d’un tel média.
Christine Fallet

Source : Net, sex and rock’n’roll ! Les potentialités d’un outil comme internet et son infl uence sur la sexualité des adolescents Y. Salmon, SEXOLOGIES 16 (2007) 43-52.

 
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Cybersexe et addiction

Le web s’est particulièrement développé grâce au sexe et à la pornographie. 7 à 10 % des internautes, sur plusieurs millions de Français, seraient cyberdépendants et passeraient quotidiennement des heures sur des sites à caractère sexuel. Les hommes sont les plus touchés et les femmes se plaignent que leur mari les « trompe avec son ordinateur ». L’imagination est sans limite pour proposer du sexe à tous les tarifs, même de plus en plus souvent gratuitement !

Récemment, une enquête sur un site internet dédié a été menée afin de mieux cerner le profil de l’utilisateur de tels sites*. Les utilisateurs compulsifs passent au moins 11 heures par semaine sur des sites à caractère sexuel.

Le cybersexe est devenu leur pratique la plus satisfaisante. Ils ont le sentiment de séduire davantage derrière l’écran.

Profil des cyberdépendants :
. Près de 89 % d’hommes
. 50 % ont moins de 25 ans
. 50 % vivent seuls, 70 % n’ont pas d’enfants
. Plus de 50 % sont de formation supérieure
. La majorité se dit hétérosexuel
. 90 % utilisent Internet depuis plus de 2 ans
. 50 % se connectent la nuit . 75 % se connectent avec une préoccupation sexuelle
. 61 % se masturbent
. 50 % expriment des fantasmes irréalisables

Finalement, les rencontres réelles restent assez rares (10 % ont fait une rencontre au cours des 12 derniers mois)

* Cybersexe et addiction : quelle thérapie ? V. Cordonnier SEXOLOGIES 15 (2006) 202-209

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