« C’est la fête du romantisme », déclare Marie. « La Saint-Valentin, c’est la fête des amoureux, je trouve que c’est sympa. Un peu commercial certes, mais c’est mimi », témoigne de son côté Élise. « Je ne fête jamais la Saint-Valentin, je n’aime pas cette idée de fêter l’amour un jour par an, à date fixe, explique Karine à son tour. Ça manque vraiment de spontanéité ! ». Chez les hommes les points de vue sont tout aussi variés. Il y a les romantiques, les fidèles, les adeptes, les amoureux et bien sûr les grivois ! Quoi qu’il en soit, après les fêtes de Noël, le 14 février semble être la deuxième date de fête collective la plus célébrée dans le monde, en termes d’échanges épistolaires… et de budgets. Un Valentin pour tous, tous veulent un ValentinLa genèse de cette fête reste assez floue et trouve ses racines entre la légende romaine et l’histoire chrétienne. Tout porte à croire qu’un des Valentin à l’origine de cette célébration était un prêtre. Il s’attira les foudres de l’empereur romain Claude II, parce qu’il bénissait des couples. L’empereur avait interdit cette pratique, considérant que le métier de soldat n’était pas compatible avec le mariage. La légende dit que Valentin fut condamné et décapité un 14 février, probablement aux environs de l’an 270 après Jésus-Christ. Une autre origine de la Saint-Valentin, grecque ou romaine, est celle des lupercales. Fête des bergers célébrée en l’honneur de leur protecteur Lupercus, dieu de la fertilité. La fête des lupercales était destinée à assurer au tout début du printemps la fertilité des champs, des troupeaux et des bergers eux-mêmes. À cette occasion, on procédait à une sorte de tirage au sort qui désignait des couples destinés à sortir ensemble pendant le reste de l’année. En 496, le pape Gélase 1er décida d’abolir la fête des lupercales, qu’il jugeait trop païenne, et d’instaurer le 14 février la fête de ce bon Valentin. Les jeunes amoureux continuèrent à envoyer ce jour-là des mots doux ou un petit présent à l’élue de leur cœur. D’aucuns racontent aussi qu’une des origines de l’envoi de lettres ou de poèmes reviendrait à Charles d’Orléans (1391-1465), emprisonné pendant un quart de siècle par les Anglais. Depuis la tour de Londres, l’amoureux adressait le jour de la Saint-Valentin, chaque année, une lettre d’amour à Marie de Clèves qu’il épousa à sa libération et son retour en France ! Mais au final, c’est seulement depuis le XVe siècle que la Saint-Valentin est devenue la fête des amoureux. La croyance populaire voulait en effet y associer le début annuel de la période de migration ou de l’accouplement des oiseaux ! La fête romantique est née et a survécu à travers les siècles. Faits de sociétéEn janvier 2007, une étude menée en Belgique* révèle qu’un tiers de la population des plus de 17 ans fête la Saint-Valentin. Elle est plus massivement célébrée chez les moins de 49 ans, puisque 42 % des 18/29 ans y pensent contre 18 % des 50/64 ans. Enfin c’est une fête de l’intimité, puisque 91 % des sondés de cette même étude affirment passer la Saint-Valentin avec leur partenaire. La fête est donc celle de l’amour accompli, non celle de l’amour recherché. De leur côté, Cacharel et Ipsos ont mené l’enquête chez les jeunes en 2004, pour connaître leurs attentes par rapport à ce jour spécial. Les jeunes de 15 à 35 ans sont 49 % à affirmer qu’ils seraient déçus si le soir de la Saint-Valentin l’élu(e) de leur cœur faisait comme si de rien n’était. Les femmes et les plus jeunes (15/24 ans) sont les plus intransigeants : elles sont 58 % à exprimer leur désappointement en cas d’oubli du partenaire et les plus jeunes 53 % à affirmer leur déception. Alors, s’il y a quelque chose à ne pas louper, c’est bien ce soir-là ! Et les propositions commerciales, les publicités aguicheuses et le relais médiatique sont de toute façon là pour rappeler cette date, même à l’amoureux le plus distrait. L’amour fêtéLa Saint-Valentin est une fête qui donne en effet lieu traditionnellement à une sortie au restaurant et pour beaucoup à un cadeau. La couleur de la fête et des cadeaux est le plus souvent le rouge qui représente à la fois l’amour, la passion, la vie, la fête, le luxe, le plaisir. Mais le rose peut aussi faire l’affaire, c’est une couleur qui symbolise la séduction, la pureté, la fidélité. « À Londres, le rouge de la Saint- Valentin est affiché partout et sous toutes les formes, mais on retrouve surtout des cœurs, rapporte Cécile, Londonienne depuis trois ans. La tradition festive semble s’orienter pour l’occasion vers le restaurant cosy et le don de sous-vêtements sexy. » En Australie ça marche aussi, décrit Vanessa : « C’est pareil qu’en France, c’est très kitch ! Les restos font des menus spéciaux, les pâtissiers des gâteaux en forme de cœur et les Australiennes arborent leur plus beau décolleté ! » En France, le rouge cœur est aussi très tendance depuis plus d’une quinzaine d’années. Librairie, pâtisserie, voyagiste et même la presse. Ainsi ce cahier spécial de petites annonces déclaratives dans le quotidien Libération ce jour-là ! Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les couleurs. Astrid Charlery
| Les Américains, les rois des « Valentin » Très populaire aux États-Unis, la tradition du mot doux de la Saint-Valentin s’est ouverte à la notion d’amour en général. Ainsi chacun peut offrir une carte dite « Valentaïne » à des personnes aimées. Les enseignantes se retrouvent ainsi avec une pile de jolies cartes dédicacées par les élèves. Les amis s’échangent des voeux d’amitié ou d’amour éternels. Les adolescents timides peuvent exprimer leurs premiers sentiments. Même s’il s’agit d’un véritable business, cette pratique marque une pensée solidaire des Américains, le but étant que personne ne se retrouve sans carte. À Savoir * - On ne dénombrerait pas moins de sept saints nommés Valentin qui sèment la discorde parmi les historiens du christianisme… - 1 milliard de cartes sont échangées chaque année dans le monde pour la Saint-Valentin, dont 188 millions rien qu’aux États-Unis. - 85 % des cartes sont envoyées par des femmes. - Au total, la dépense moyenne par personne entre le cadeau et la sortie pour la Saint-Valentin est de 100 €. Crioc : Centre de Recherche et d’Information des Organisations de Consommateurs. Étude fondée sur la base de 696 interviews.  |