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Sexualité et engagement

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Sexualité et engagement

La sexualité s’accompagne en général d’une forme d’engagement affectif. Pour certains, « engagement » signifie contrainte, aliénation ou obligation… la crainte de s’engager peut accompagner – ou entraîner – l’apparition de troubles sexuels.

Tout d’abord, dans le rapport sexuel, le sentiment de proximité avec l’autre induit souvent une sorte « d’immersion » sensuelle très présente qui s’accommode mal des projections dans l’avenir. Et pourtant, cet acte aura souvent des conséquences qui « engageront » bel et bien les protagonistes – engagement polymorphe, immédiat ou différé, direct ou indirect, physique ou psychique… Il est rare en effet (encore que non exceptionnel) qu’un acte sexuel ne soit inscrit dans aucune trajectoire, aucune histoire de vie, aucun moment décisif. C’est une évidence de dire qu’on ne fait pas l’amour comme on boit un verre d’eau : les acteurs du jeu sexuel se donnent et donnent d’eux-mêmes.

Les trois composantes de la sexualité

La sexualité peut se décliner sur plusieurs registres.

• Le registre érotique
L’érotisme est une zone ludique faite d’excitation, qui a trait à la découverte, la transgression, l’imaginaire, voire la mise en scène. Cette dimension érotique de la sexualité évoque l’adolescence, et plus globalement la jeunesse dans ce qu’elle a de naissant. Souvent regrettée par les couples anciens (qui n’ont rien à voir avec les couples de « vieux » ni même les vieux couples !) comme témoin de leurs débuts, la dimension érotique est souvent à l’origine de profonds désaccords, tant sont différentes les approches masculines et féminines.

• Le registre relationnel
Il interroge sur ce qui se joue entre les protagonistes. Faire l’amour, c’est une façon de parler, mais pour se dire quoi ? « Je t’aime », « Je te possède », « Regarde l’homme/la femme que je suis ! »…

• Le registre génital
Derrière le rapport sexuel se trouve le désir - ou la crainte - d’une grossesse.
Il peut paraître terrifiant à certains qu’un banal moment sexuel, assouvissant une pulsion momentanée, qui peut être vécu de manière très différente selon les circonstances et les personnes (il peut être ressenti avec violence parfois) puisse transformer n’importe qui en père ou en mère.

S’engager de façon positive

D’emblée, le terme d’ « engagement » évoque pour beaucoup une prison ou une obligation : le « choix », qu’il soit amoureux, politique ou religieux, impose que l’on s’y tienne, que l’on n’en change pas. D’où cette idée de contrainte qui obligerait à s’arc-bouter, fût-ce contre soi-même, afin de maintenir en l’état ce qui spontanément tendrait à évoluer, à changer, à se métamorphoser. On comprend qu’un tel programme paraisse peu réjouissant, et que la sécurité qu’il offre ne soit guère compensée par les sacrifices qu’il impose… Heureusement, il existe d’autres façons d’aborder le concept d’engagement. Des conceptions plus porteuses de vie, susceptibles par conséquent d’emporter l’adhésion de ceux qui savent que rien ne se construit sans une pérennité minimale des personnes et de leurs relations.

L’engagement du sportif
On peut s’engager comme un sportif dans la partie, en se donnant complètement. Voilà de quoi tenter les amoureux de la vie !

L’engagement dans une relation
L’engagement dans une relation et la question de sa durée reste souvent une pierre d’achoppement. Nombreux sont ceux qui pensent : « Je ne peux répondre de moi dans une semaine, comment me demander de répondre de moi dans cinq ou cinquante ans ? ». Le problème vient d’une mauvaise compréhension : s’aimer pour la vie, ne veut pas dire « pour la durée de la vie » - durée que personne ne connaît et qui, comme l’avenir n’existe pas encore, reste bien incertaine… Comme pour le sportif qui se donne à fond dans la partie, l’engagement est une valeur d’intensité et non de durée !

L’engagement dans un chemin personnel
Il s’agit là d’un engagement dans un parcours d’épanouissement ou de recherche.

• L’engagement dans la fécondité de la relation
Toute fécondité n’est pas biologique. Elle peut également (la plupart du temps en réalité) désigner ce « plus » qui fait que la vie est « plus » avec le sexe que sans le sexe. « Plus »… amusante, stimulante, intéressante, heureuse ! Bien entendu, une fois reconnue la nécessité d’un minimum d’engagement, ne serait-ce que pour se positionner de façon claire, chacun l’exprime à sa façon : mariage (de plus en plus délaissé), union libre… ou autre.

Les freins à l’engagement

• La peur de perdre sa liberté
L’obstacle le plus fréquent à l’engagement, c’est la crainte de se retrouver emprisonné. Tout se passe comme si la liberté était vécue comme la possibilité, éternellement renouvelée, de faire « ce que l’on veut ». Le plus urgent étant de ne pas se sentir « coincé ». C’est ainsi que certains oublient (ou refusent de penser) que le temps se déroule pour tout le monde et que l’on ne peut pas ne pas s’engager – d’une manière ou d’une autre. Ceux qui croient ne pas s’engager auront finalement laissé leur compteur de temps défiler à vide, sans construction, sans horizon, sans espérance. Il semble donc que la vraie liberté n’est pas de « faire ce que l’on veut » mais bien de « vouloir ce que l’on fait », c’est-à-dire de s’approprier sa vie et ses échecs qui apprennent autant sinon plus que ses victoires.

• La place de la famille d’origine
 Un autre cas fréquent est celui de ceux ou celles qui n’ont pas quitté l’enfance, même si leur âge chronologique frôle la quarantaine. Il ne s’agit pas forcément de personnalités infantiles ou dépendantes… mais de personnes dont le monde intérieur est habité par la famille d’origine qui représente le lieu unique et exclusif de sécurité. C’est là qu’ils trouvent chaleur humaine, estime d’eux-mêmes… Du coup, l’engagement vers un(e) autre, que la sexualité pourrait entraîner, leur semble dérangeant. Ils préfèrent maintenir les « avantages acquis » de l’enfance.

Les conséquences sur la vie sexuelle

La peur de s’engager peut retentir sur la libido provoquant alors différents troubles. Une des principales raisons tient à la perspective d’une grossesse, toujours possible, même avec une contraception réputée efficace, et a fortiori si la méthode utilisée est approximative : préservatif, retrait, calcul de dates… En effet, l’arrivée d’une grossesse crée une situation irréversible. Un trouble de la libido peut donc survenir soit très tôt dans la relation, soit plus tard. Cela peut s’expliquer par le fait qu’un lien fort se confirmant, il devient urgent de ne pas en « aggraver » les conséquences par une grossesse intempestive. Par ailleurs, plus les partenaires constateront qu’ils sont bien ensemble, plus s’éloignera la perspective d’ « aller voir ailleurs » ; les occasions de faire des projets se multiplieront d’autant. Reste la solution du sabotage indirect de la vie sexuelle, dans le but, non conscient évidemment, de préserver le statu quo précédent.
Christine Fallet

Source : « Sexualité et engagement », C. Marx, SEXOLOGIES 16 (2007) 53-59.

 
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Stéphane et Lisa ne sont pas suffisamment engagés l’un près de l’autre…

technicien en chimie, et travaille 35 heures par semaine. Sa compagne, Lisa, est avocate et ne compte pas ses heures ; elle n’a pas pris de vacances depuis des années ; elle gagne d’ailleurs plus d’argent que lui. Elle part à l’aube, revient pour dîner. Comme Stéphane est rentré plus tôt, il a fait les courses, le ménage et prépare le dîner. Lisa est épuisée par sa journée, mais souhaite faire l’amour le soir, pour se changer les idées et se détendre d’une journée stressante. Stéphane est de moins en moins disponible pour faire l’amour le soir, bien qu’il soit moins fatigué que Lisa. Il prétexte des symptômes variés (la migraine !), et ses érections sont la plupart du temps insuffisantes, voire absentes au moment du rapport. Ils décident ensemble de prendre conseil.

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