Editorial Dans notre société en constante évolution, les aspects de la vie quotidienne sont en permanence mesurés, évalués, quantifiés – l’objectif étant d’améliorer la qualité de notre existence. Pourtant, un élément est rarement étudié de façon objective, même s’il est dans l’esprit de tous : celui de la sexualité.
Beaucoup d’idées erronées – ou préconçues – subsistent encore au sujet de la sexualité : en 2004, l’ADIRS, en partenariat avec l’institut IPSOS et les laboratoires LILLY, a ainsi réalisé une enquête sur la sexualité des Français qui a permis de mieux définir ce que les femmes et les hommes ressentaient – ou craignaient – dans leur vie sexuelle, ainsi que l’influence des événements extérieurs à certaines périodes de la vie humaine. Ces questions seront abordées dans la première partie de ce magazine. Par ailleurs, l’idée toute faite que la sexualité s’arrête forcément avec l’âge a la vie dure. Or, nous recevons régulièrement en consultation des patients âgés de 70 ans et plus qui souhaitent maintenir une sexualité assez régulière, même si la fréquence des rapports n’est pas « comme à 20 ans », comme ils disent. Effectivement, différentes études montrent qu’il n’y a pas un « âge limite » où la sexualité s’arrêterait. Elles indiquent aussi que la satisfaction conjugale des personnes âgées est associée à leur santé, tant sur le plan psychologique que physique, ainsi qu’à leur satisfaction générale face à la vie. L’attitude face à la sexualité peut être considérée comme une « variable prédictive » du fonctionnement sexuel : plus l’attitude sera positive, plus l’activité sexuelle sera maintenue. Outre l’amélioration de la qualité de vie et l’approfondissement des connaissances dans la physiologie humaine, la technologie s’est également considérablement développée : internet a permis d’accéder plus rapidement à l’information, de faciliter les échanges d’idées ; des dialogues sur la sexualité se sont formés. Certes, ces informations échangées librement ne sont pas toujours objectives, elles risquent d’entretenir régulièrement de fausses croyances, ce qui est un danger bien réel. Le fait que ce magazine paraisse pour la première fois le jour de la Saint- Valentin souligne l’ancienneté – et la pérennité – de cet intérêt que nous partageons tous pour la vie en couple, le partage, l’amour. Dès lors que les discussions sur la sexualité sont plus libres, les difficultés rencontrées dans ce domaine – celui de l’intime par excellence – seront abordées plus facilement. Face à ces problèmes nouvellement exprimés dans la société, le corps médical a évolué et une nouvelle spécialité voit le jour : la sexologie. Dans ce numéro, une enquête réalisée parmi les membres de l’AIHUS s’intéresse à la profession de sexologue. Ce premier numéro permet de définir la sexualité et ses problèmes et de rendre ainsi envisageable une demande d’aide ou simplement d’information sur ces questions. Nous serons très heureux de recueillir vos commentaires par courrier ou par internet sur le site de l’ADIRS. Dr A. Lemaire Président de l’ADIRS |